(RÉ)SO 16-35 est un programme de recherche qui regroupe des chercheurs et des partenaires issus de la pratique, et qui est financé dans le cadre du programme partenariat du CRSH. Ce programme a pour objectif de créer un véritable réseau entre les organismes tant publics que communautaires et le milieu de la recherche pour analyser et favoriser les trajectoires de désistement et de (ré)intégration sociocommunautaire des jeunes judiciarisés âgés de 16 à 35 ans. Dans la cadre de ce programme de recherche, Bastien Quirion est co-responsable de l'axe de recherche qui porte spécifiquement sur la collaboration entre les prestataires de services affiliés à différents secteurs de l'intervention. Cet axe vise plus spécifiquement à analyser les enjeux liés à l'articulation des différents secteurs qui sont mobilisés dans l'accompagnement des personnes judiciarisées.

Cette recherche comparative, menée par Leila Benhadjoudja et David Moffette, étudie les dispositifs étatiques de reconnaissance et de valorisation des spécificités nationales au Québec et en Catalogne (langue, valeurs, histoire, etc.) en regard de l’expérience d’appartenance des communautés musulmanes. La recherche puise dans deux ensembles de données : un premier formé de programmes publics, de documents de formation, et de discours qui font la promotion de spécificités nationales (des documents collectés au Québec et en Catalogne et faisant l’objet d’une analyse de récit), et un second sur les expériences des communautés musulmanes (par le biais d’entretiens à Montréal et Barcelone). La recherche contribue à la littérature sur le nationalisme dans les nations minoritaires, les récits de la nation et la construction de sujets nationaux, le racisme, l’islamophobie, et l’appartenance.

De plus en plus fréquemment, les comportements d’agression sont attribués à des configurations génétiques et neurologiques particulières. Dominique Robert et Martin Dufresne veulent identifier et documenter les controverses publiques et scientifiques de ce champ de la génétique et des neurosciences du comportement. Comment explique-t-on le comportement d’agression présent et futur? Quelles sont les controverses technologiques et scientifiques qui animent ce savoir et ses applications ? Mais aussi, quelles sont les controverses sociales, politiques qui touchent les écoles, les milieux de travail, les services sociaux et de santé, et les programmes de prévention qu’ils offrent ?

Pour en savoir davantage sur le projet de Justin Piché, veuillez consulter la section anglaise.

Cette recherche par Isabelle Perreault et Dahlia Namian vise à produire une « autopsie sociale et politique » des corps non-réclamés au Québec au 21e siècle. Le phénomène de non-réclamation du corps d’un défunt, dans les deux dernières décennies, réfère aux décédés anonymes, sans liens, seuls et/ou non-identifiés, ou encore aux décédés dont le corps est refusé ou non-réclamé par les membres de leur famille. Si ces morts ont pris une signification particulièrement visible cette année en raison de la pandémie de Covid19, le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Les chiffres indiquent que depuis la crise économique de 2008, le nombre de corps non-réclamés à la morgue est en hausse croissante et a plus que doublé au Québec. Si les causes de ces décès sont souvent identifiées comme médicales, les personnes qu’elles concernent vivaient, avant leur mort, dans la pauvreté, l’isolement et en situation de ruptures sociales et familiale. Or, malgré ces constats, la grande majorité des études sur le sujet reposent sur des données médicales et quantitatives, produites dans d’autres contextes nationaux. Une approche qualitative en sciences sociales permettra donc de pallier le manque de connaissances sur ce phénomène au Québec. 

Cette « autopsie sociale et politique » des corps non-réclamés sera réalisée à l’aide des enquêtes du coroner, d’entretiens ethnographiques et d’une analyse de la littérature. Il s’agira plus précisément a) de recueillir et d’analyser les données qualitatives sur les corps non- réclamés (données sociodémographiques, conditions de vie et circonstances des décès) et b) de mettre au jour les processus, les discours et les différents acteurs (experts, intervenants, bénévoles) impliqués dans leur traitement avant et après leur mort. Suite à la collecte et à l’analyse des données, nous serons notamment en mesure de produire des outils et formations pour les intervenants, un site web informatif pour toute personne intéressée par le sujet et de publier un ouvrage synthèse grand public en plus de publications scientifiques. En cette période où les rites entourant la mort sont perturbés, le sujet des corps non-réclamés ne peut qu’interpeller les pouvoirs publics et la population plus largement. Notre projet permettra de penser l’intervention et la gestion des situations de ces « morts indignes », pour contribuer à une meilleure orientation des politiques et interventions publiques en matière d’inégalités de vie et de mortalité. De plus, elle contribuera à faire progresser les connaissances interdisciplinaires sur un sujet novateur qui interpelle autant les sociologues, historiens, anthropologues, travailleurs sociaux que criminologues.

Pour en savoir davantage sur le projet de la professeure Baljit Nagra, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur le projet de Christine Gervais et Elisa Romano, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur le projet de Chris Bruckert, veuillez consulter la section anglaise.

En prenant comme observatoires les débats scientifiques et publics sur les torts environnementaux causés par des pratiques telles l’usage des pesticides et la gestion des déchets nucléaires, Dominique Robert et Martin Dufresne s’intéressent à la façon dont la science et la technologie produisent des entités multiples, pétries d’incertitudes ontologiques et redéfinissant les paramètres du vivre ensemble.

Pour en savoir davantage sur le projet de Christine Gervais, veuillez consulter la section anglaise.

Françoise Vanhamme explore les rationnels de régulation sociale et pénale des personnes ordinaires contés par des romanciers de différentes époques depuis le XIXème siècle : que font les gens, et comment considèrent-ils l’intervention pénale?

Elle explore actuellement la présentation filmique de la déviance financière dans des blockbusters hollywoodiens traitant de la Bourse, afin de comprendre comment l’indignation du public et une demande de régulation peuvent être stimulées ou non par un film.

Elle entame une étude des attentes des victimes d’homicide et du sens profane de la peine dans les magazines télévisés à grande écoute : peut-on y détecter de nouveaux sens de la peine?

Les musées peuvent renforcer ou contester la légitimité de la punition comme un moyen d'obtenir justice. C'est dans cet esprit que les professeurs Kevin Walby (Université de Winnipeg) et Justin Piché se penchent sur les représentations des sanctions dans les prisonset les musées pénitentiaires au Canada. Pour en savoir davantage sur le projet de Justin Piché, veuillez consulter la section anglaise.

Françoise Vanhamme s’intéresse à la pénologie, c'est-à-dire à la peine, aux justifications du droit de punir, aux usages, à ses fonctions, aux discours qui les soutiennent. Son approche est principalement qualitative et axée sur les pratiques décisionnelles en contexte (judiciaire, social, politique, historique). Ses travaux portent sur les décisions des tribunaux dans l’octroi des peines (carcérales, mises en liberté et en détention provisoire, probation, infractions contre l’administration de la justice) pour en dégager des tendances macrosociologiques.

Ce livre par Line Beauchesne veut, d’une part, rendre compte des changements des 10 dernières quant aux débats nationaux et internationaux sur les politiques en matière de drogues et les développements sur le terrain tant au Canada qu’en d’autres pays. D’autre part, il veut montrer que la diversification des motivations à consommer des drogues (performance, transformations physiques, thérapeutique, récréatif) ont modifié l’offre de drogues, particulièrement sur Internet, que ce soit les sites accessibles par les moteurs de recherche habituels, ou encore le Dark Web. Cette diversification des motivations amène de nouvelles questions sur ce que signifie la réglementation des drogues dans un marché légal, où le «droit au dopage» pour effectuer diverses tâches, les modes d’auto-guérison, de même que leur utilisation pour modifier son apparence prennent de plus en plus d’espace sur la marché de la consommation.

Pour en savoir davantage sur ce projet de la Professeure Jennifer Kilty et de son équipe, veuillez consulter la section anglaise.

Kathryn M. Campbell étudie la nature et l'étendue des condamnations injustifiées au Canada. Elle a examiné comment les victimes de condamnations injustifiées vivaient leur emprisonnement, la réponse du Canada à ce problème sur le plan des politiques et les répercussions qu'avaient les erreurs médicales en pathologie judiciaire pédiatrique sur les mises en accusation. Son étude actuelle porte sur le traitement accordé par les tribunaux à différents types de preuve, notamment les aveux et les preuves d'expert, et sur comment cela peut entraîner des erreurs judiciaires. Kathryn Campbell participe également à une vaste étude internationale que finance le Centre de recherches pour le développement international et qui porte sur l'influence atténuante que peut avoir le capital social sur la participation des jeunes aux gangs. La recherche porte sur trois endroits distincts: Ottawa-Carleton, au Canada, Managua, au Nicaragua et San Salvador, au El Salvador. En outre, comme suite à l'étude financée par le CRSH sur la violence familiale dans les communautés autochtones du Nord, Kathryn continue à s'intéresser aux initiatives des Autochtones en matière de justice.

Les professeures Maritza Felices-Luna et Sandra Lehalle travaillent sur un projet d'analyse visuelle de la « jungle » à Calais, en France. Elles examinent la réaction de la communauté locale et des mécanismes juridiques et réglementaires mis en place par les gouvernements locaux et régionaux. Pour en savoir davantage sur ce projet, veuillez consulter la section anglaise.

L’idée de ce livre est apparue suite à la tenue de la conférence « Danser à travers le monde pour la justice sociale » à l’initiative de Sylvie Frigon, alors titulaire de la chaire conjointe en études des femmes de l’Université de Carleton et d’Ottawa en novembre 2014. Cette conférence offrait un lieu d’échange sur « les pratiques stimulantes de danse dans divers contextes au sein desquels la justice sociale est une question urgente. » (Frigon, 2014). Forts des beaux échanges et des partages d’expériences durant cette journée, l’ensemble des conférenciers a jugé pertinent la publication d’un livre. Étant donné la présence de deux langues (français et anglais) lors de la rédaction des chapitres, la maison d’édition et nous-mêmes avons choisi de scinder les textes en deux ouvrages qui se complètent; l’un en français et l’autre en anglais. Dans ces deux livres nous retrouvons, en filigrane, à travers diverses expériences, les questions de la danse et de la justice sociale mais aussi du corps et du bien-être. Les projets présentés ici touchent à ces domaines et montrent combien la danse s’invite sur le devant de la scène pour répondre à des problématiques complexes comme la victimisation, la délinquance, la santé mentale et physique, l’enfermement. La danse offre un cadre, un univers, un espace, un temps pour regarder, observer, étudier et comprendre l’humanité. La danse dévoile un corps humain en action avec toute sa force, ses faiblesses, sa beauté, ses faces cachées, sa précision, sa sensibilité, ses émotions, ses réactions. À travers cet art, l’être humain se révèle. Les expériences partagées dans ce livre montrent tout l’intérêt de l’utilisation de la danse dans les différentes sphères de la société. La danse dévoile sa pertinence dans des domaines aussi variés que la santé et l’éducation, la privation de liberté et la création, le mieux-être physique et psychique.

Pour en savoir davantage sur le projet de Cheryl Webster, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur le projet de Vicki Chartrand, veuillez consulter la section anglaise.

Le principal domaine de recherche de la professeure Jennifer Kilty est la femme criminalisée : ses expériences avec l'emprisonnement et la réintégration, l'adoption par celle-ci de comportementaux autodestructeurs et sa construction en personnage « violent », « dangereux » et/ou « à risques ». Se servant de théories sur l'identité et la citoyenneté, la professeure Kilty observe comment différents statuts en matière de santé et de santé mentale affectent la construction, l'« entretien » et la défense d'une identité en prison et une fois quitté le milieu carcéral. Le gros de ces travaux est basé sur des discussions sur les droits et l'éthique des soins, et est encadré par le point de vue d'une personne qui recherche l'abolition des prisons.

Élaboré dans la perspective de la criminologie critique, ce projet de recherche d’Eduardo González Castillo s’intéresse à la dimension politiques des initiatives d’intervention sociale qui, misant sur la participation citoyenne, cherchent à diminuer les tensions qui existent entre les jeunes et la police dans les quartiers populaires de Montréal : des espaces de concertation, des tables sectorielles, des organismes communautaires et des pratiques d’intervention. Pour ce faire, cette proposition de recherche mobilise une approche qui relève en grande partie des idées du philosophe italien Antonio Gramsci à propos de la construction de l’hégémonie, de la société civile et de l’État. Le projet fait aussi appel aux contributions de l’anthropologie urbaine (Sasha Newell), de la philosophie politique marxiste et lacanienne (Louis Althusser, Slavoj Zizek, Jacques Lacan) et de la géographie humaine critique (David Harvey, Jason Moore). La recherche proposée se démarque d’autres travaux concernant l’intervention auprès des jeunes marginalisés au Québec dans la mesure où elle tente d’aborder cette problématique tout en allant au-delà des cadres techniques qui guident souvent les pratiques d’intervention et leur évaluation. Cette stratégie est adoptée dans le but d’identifier les facteurs sociaux qui déterminent, sur différentes échelles (local, urbaine, régionale), le sort des initiatives mentionnées.

Pour en savoir davantage sur ce projet de la Professeure Val Steeves, veuillez consulter la section anglaise.

Sandra Lehalle travaille sur les justifications morales, politiques et juridiques de la privation de liberté.  Elle développe actuellement un nouveau cadre théorique inspiré du concept d’économie morale de Fassin afin de l’appliquer à diverses formes de détention, notamment les camps d’internement des deux grandes guerres mondiales et les centres de détention d’immigration.

Pour en savoir davantage sur le projet de Carolyn Côté-Lussier, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur le projet de Prashan Ranasinghe, veuillez consulter la section anglaise.

Cette recherche s'inscrit dans un programme de recherche plus large portant sur les modes sociaux de régulation des conflits, programme pour lequel les professeurs Véronique Strimelle et Françoise Vanhamme ont reçu une subvention Savoir du CRSH. Un des objectifs de ce programme vise à mieux comprendre les conditions qui amènent les personnes à faire appel à un tiers externe en cas de situation conflitctuelle, en dehors de la sphère socio-pénale. L'expérience des médiateurs sociaux et d'autres intervenants spécialisés en résolution de conflits est ici sollicitée pour identifier les besoins exprimés par les personnes qui les contactent et les réponses qu'ils peuvent apporter aux situations de conflit. Mes recherches ont porté sur la place de la justice restauratrice par rapport au système pénal ainsi qu'à l'étude de son enracinement théorique. Dans le cadre de ce programme de recherche, quatre articles ont déjà été écrits sur base des recherches empiriques, une thèse de maîtrise a été menée sur la médiation et une chercheure postdoctorale a mené une recherche empirique auprès d'intervenants sur la question du passage vers la médiation, un article est en cours de publication sur ce dernier sujet.

Ce projet de nature épistémologique vise à mieux définir l’identité professionnelle et la matérialité des pratiques de la sexologie clinique alors qu’aura lieu un débat social sur les limites des professions de l’intervention sexologique. En effet, en 2022, une nouvelle version de la classification internationale des maladies (CIM11) de l’Organisation mondiale de la santé entrera en vigueur, classification qui propose une nouvelle catégorie nosographique de « troubles liés à la santé sexuelle » (Cochran et coll., 2014; Drescher et coll., 2012; Giami, 2015). Pour la première fois dans l’histoire des classifications nosographiques, le traitement des difficultés d’ordre sexuel ne sera plus du ressort de la psychiatrie et des professions de la santé mentale mais constitueront une entité à part. Ceci aura un impact majeur sur les enjeux professionnels au Canada, remettant en question les frontières et les champs d’expertise traditionnellement reconnus entre médecins, psychiatres, psychologues et sexologues. Alors que la sexologie peine à sortir du stigma qui est associé à son objet d’étude (Irvine, 2014, 2015), demeure une position professionnelle marginale (Zamboni, 2009), avec une identité professionnelle floue (Desprès et Bergeron, 2019) et un manque de définition des spécificités et limites de la profession (FuglMeyer et Giami, 2006; Wylie et coll., 2004), la production de connaissances sur ce qui constitue les limites et spécificités de cette profession est presque inexistante. Même si l’on entend de plus en plus des sexologues s’exprimer dans les médias et que des formations en sexologie se développent dans diverses universités, nous voulons mieux répondre aux questions suivantes : que font les sexologues et font-ils partie d’un champ professionnel à part entière ?

Cette recherche s’inscrit résolument dans une mutidisciplinarité avec plus particulièrement les disciplines et sous-disciplines suivantes :1) elle s’ancre dans une tradition de recherche développée principalement en éducation, dans l’étude des professions ou dans le travail auprès des communautés, celle de la recherche participative, 2) elle s’inscrit dans une démarche critique, en psychologie et sexologie, 3) et son théorique et ses objectifs sont du ressort de la sociologie des sciences et des professions. L’équipe de recherche est composée de Denise Medico, Isabelle Perreault et Alain Giami

Ce projet de recherche, qui est mené conjointement par Marion Vacheret (Université de Montréal), Chantal Plourde (Université du Québec à Trois-Rivières) et Bastien Quirion, a pour objectif de comprendre le processus de réintégration sociocommunautaire des hommes autochtones qui ont purgé une peine d’emprisonnement dans un établissement provincial au Québec. En donnant la parole à des justiciables et à des intervenants issus des communauté autochtones, ce projet cherche à mieux comprendre les obstacles et les défis rencontrés par les personnes autochtones lors de leur retour en communauté.

Pour en savoir davantage sur le projet d’Irvin Waller, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur ce projet du Professeur Justin Piché, veuillez consulter la section anglaise.

Cette recherche par les professeurs Richard Dubé et Margarida Garcia porte sur la manière dont les systèmes politique et juridique, en matière de justice pénale, construisent les attentes attribuées à l’« opinion publique ». Dans un contexte où ces systèmes cherchent à rétablir ce qu’ils perçoivent comme une « crise » de confiance du public dans l’administration de la justice, l’analyse problématise à cet égard le rôle des peines sévères. L’hypothèse générale découle de la théorie de la rationalité pénale moderne et attribue aux théories de la peine (dissuasion, rétribution, dénonciation, etc.) un rôle déterminant dans la mise en forme d’une opinion publique plus particulièrement répressive. Suivant la théorie des systèmes de Niklas Luhmann, nous attribuons ainsi aux systèmes—plus qu’à leur environnement—la survalorisation des peines sévères comme condition de rétablissement de la confiance minée. Le volet juridique est exploré à partir de la jurisprudence et des entretiens qualitatifs réalisés auprès de juges. Le volet politique repose sur l'analyse de débats parlementaires récents. L’étude est menée au Portugal et au Canada, permettant ainsi de comparer deux traditions juridiques différentes. Elle met à contribution plusieurs jeunes chercheurs, étudiants de maitrise, doctorants et post-doctorants. Les résultats sont attendus d’ici la fin de l’année 2017. 

Pour en savoir davantage sur ce projet de la Professeure Jennifer Kilty et de son équipe, veuillez consulter la section anglaise.

Cette initiative mené par le professeur David Joubert implique plusieurs projets inter-reliés dans lesquels les éléments reliés au témoignage en Cour d’experts en santé mentale ou « psy » sont utilisés dans la prise de décision et rationnalisation légale subséquente. Le rôle et la place occupée par de tels experts ont historiquement été le sujet de maints débats et controverses. Le but premier de ces études est d’examiner les manières selon lequelles des construits cliniques ou psychologiques, en interaction avec des schèmes de valeurs et préoccupations sociales, peuvent devenir partie intégrante du processus de justification légale. Dans cette optique, nous investiguons les façons dont de tels témoignages peuvent être récupérés par le système légal de manière à renforcer l’impression de cohérence interne au niveau du discours légal. Les projets en cours reliés à ce thème de recherche examinent les témoignages d’experts dans des cas de détermination de délinquant dangereux, de responsabilité criminelle, d’audiences de tribunaux en santé mentale, d’infractions institutionnelles par des détenus, et d’inconduite sexuelle commise par des professionnels de la santé. Les divers projets font usage de devis d,analyse mixtes, intégrant les meilleurs aspects de méthodes quantitatives (analyse sémantique latente, positionnement multidimensionnel) et qualitatives (analyse de contenu latent).

Françoise Vanhamme a élargi son approche de la pénologie, afin de mieux comprendre les logiques sociales qui entourent les peines pénales. Ses recherches dans ce champ portent sur les modes et systèmes de réaction et de sanction des personnes ordinaires dans la vie collective et quotidienne :  ce qui pose problème aux individus et aux groupes sociaux, leurs modes de régulation de ces situations de tort, leur position vis-à-vis de la réaction pénale.

Crime grave, offense à Dieu, pathologie mentale, problème de société, voilà autant de visages que la société québécoise a associé au comportement suicidaire depuis la Nouvelle-France. Le geste suicidaire constitue à cet égard un exemple spectaculaire de déconstruction sociale d'un crime. D’un crime le plus odieux qui puisse se commettre (le cadavre d'une personne suspectée de « s'être homicidée » était conduit en cour), le geste suicidaire est désormais perçu comme un « problème de société ». En 2006, 42 % de la population du Québec considérait le suicide comme « un geste acceptable » (Association québécoise de la prévention du suicide, septembre 2006). Grâce au financement du CRSH et du Réseau québécois sur le suicide, les troubles de l’humeur et les troubles associés, c'est la transformation de la réaction sociale à l’égard du geste suicidaire que notre équipe de recherche analyse sur plus de 200 ans, et ce à travers le discours des principaux intéressés : les suicidés eux-mêmes et leurs proches.

Composée de plusieurs étudiants à la maîtrise et au doctorat, ainsi que les professeurs Patrice CorriveauIsabelle Perrault et Jean-François Cauchie, notre équipe offre à chaque année de nombreux assistanats de recherche, des cours de recherche dirigée (SCS4550) ainsi qu’un corpus empirique unique au monde aux étudiant(e)s qui souhaitent travailler avec nous à mieux comprendre le geste suicidaire et sa prise en charge au fil du temps. Voir notre site web : http://sciencessociales.uottawa.ca/suicide/

Le projet de loi composite de 1969 et ses suites en 1972 ont décriminalisé partiellement l’avortement et la grossière indécence et totalement la tentative de suicide. Trudeau rappelait en 1969 que l’État ne s’intéresse pas aux péchés et doit considérer ces comportements comme relevant de la morale personnelle et non plus comme des actes jugés antisociaux et mettant en danger l’équilibre de la société. Les principes directeurs de maintien absolu de la vie qui prévalaient jusque-là prennent ombrage, d’autant que l’institution au sens large de la médecine prend de plus en plus de place dans l’explication et le traitement des comportements qui posent problème. Ce projet de recherche est une étude exploratoire qui vise l’analyse du matériel empirique disponible sur trois (4) articles du Code criminel canadien : l’article 157 sur la grossière indécence, l’article 241 sur la tentative de suicide et l’article 287 sur l’avortement. Ces articles ont tous en commun d’être des « crimes sans victimes » (Schur, 1965). Ces « crimes » comprennent les drogues illicites, les jeux d’argent, les activités liées à la prostitution, l’avortement, l’homosexualité, la sodomie, l’échangisme, le vagabondage et la mendicité, la tentative de suicide, la pornographie, etc. À l’aide de sources écrites, le professeure Isabelle Perreault questionnera les rhétoriques employées par les principaux acteurs juridiques et politiques depuis la Deuxième Guerre mondiale sur la régulation pénale des délits associés aux « options de vie » des citoyen ou encore aux comportements sexuels non-procréatifs entre adultes consentants. Ce projet entend mobiliser les ressources disponibles dans les centres d’archives d’Ottawa et de Montréal.

Le projet de la professeure Valerie Steeves examine la relation entre les grandes bases de données et la surveillance en rapport aux trois axes suivants : la sécurité, le marketing et la gouvernance. Pour en savoir davantage sur ce projet, veuillez consulter la section anglaise.

Pour en savoir davantage sur le projet de Shoshana Magnet, veuillez consulter la section anglaise.

Bien que marginal en criminologie, l'abolitionnisme continue d'être une source cruciale de connaissances, et remet en question la nécessité des prisons et des sanctions à l'ère contemporaine. Le professeur Justin Piché examine de manière critique la logique et les stratégies des abolitionnistes des pénitenciers. Pour en savoir davantage sur le projet de Justin Piché, veuillez consulter la section anglaise.

Le projet de David Joubert vise à examiner les liens entre des épisodes d’institutionnalisation en psychiatrie légale, des indicateurs de santé mentale, problèmes de comportement, histoire de vie, utilisation de ressources de traitement ainsi que mesures disciplinaires. L’étude est réalisée à-partir d’efforts de collecte de données dans des institutions régies par le Ministère de la Santé et des Soins de Longue Durée de l’Ontario au cours des derniers 10 ans. L’étude permet donc une vue longitudinale des divers facteurs déterminant l’expérience des soins en santé mentale au sein d’unités fermées. La méthode d’analyse utilisée est quantitative. Cette étude est donc pertinente dans le contexte de préoccupations sociales en regard de l’utilisation du traitement et des mesures de contrôle et de discipline dans les institutions psychiatriques et carcérales.

Sandra Lehalle travaille actuellement sur le vécu des familles de personnes incarcérées dans les lieux d’enfermement canadiens afin d’étudier les effets élargis de l’incarcération sur l’entourage des condamnés. 

Pour en savoir davantage sur le projet de Valerie Steeves, veuillez consulter la section anglaise.