La qualité et la sécurité des soins hospitaliers sont rehaussées lorsque le médecin et le patient parlent la même langue

Relations avec les médias 
Recherche et innovation
Medicine
Health
médecine
santé
Physician talking to her patient
Pexel
Parler la même langue que son médecin contribue à améliorer la santé des patients hospitalisés selon une nouvelle étude qui comprenait une équipe de la Faculté de médecine de l'Université d'Ottawa.

Parler la même langue que son médecin contribue à améliorer la santé des patients hospitalisés selon une nouvelle étude fondée sur des données de l’ICES. Les patients frêles et âgés qui ont reçu des soins de médecins parlant leur langue maternelle sont restés moins longtemps à l’hôpital et ont eu moins de chutes et d’infections, en plus d’être moins susceptibles de décéder à l’hôpital selon une nouvelle étude publiée dans le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC).

Plus de 6,1 millions de Canadiens (données datant de 2016) vivent en situation linguistique minoritaire parce que leur langue maternelle n’est pas parlée par la majorité des gens ou reconnue comme une langue officielle dans leur province ou territoire. C’est notamment le cas des francophones qui vivent à l’extérieur du Québec, des anglophones qui vivent au Québec et des allophones – dont la langue maternelle n’est pas le français ni l’anglais.

Les chercheurs ont inclus 189 690 adultes inscrits à des services de soins à domicile qui ont été admis dans un hôpital en Ontario entre avril 2010 et 2018. Leur objectif était de déterminer si les patients qui avaient reçu des soins d’un médecin qui parle leur langue maternelle avaient obtenu de meilleurs résultats que ceux ayant reçu des soins d’un médecin qui parle une autre langue.

L’Ontario, soit la province la plus populeuse du Canada, se démarque par sa diversité linguistique : la langue maternelle de 33 % de la population n’est pas l’anglais. La plupart des adultes visés par l’étude (84 %) parlent l’anglais, mais 13 % parlent le français et 2,7 % ne parlent pas l’une de nos langues officielles. Les autres langues les plus courantes sont l’italien (8 361 personnes), le mandarin (3 426 personnes), les langues ibéroromanes (3 162 personnes) et les langues indo-aryennes (2 286 personnes).

Les francophones qui ont été traités par un médecin qui parle le français présentaient 24 % moins de risque de décéder que ceux qui ont été traités par un médecin qui ne parle pas le français. Chez les allophones, les résultats sont encore plus saisissants : ils présentaient 54 % moins de risque de décéder. Quant aux préjudices subis par les patients hospitalisés comme une chute et une infection, les risques étaient de 36 % et 74 % respectivement pour les francophones et les allophones traités par un médecin qui ne parle pas leur langue. Seulement 44,4 % des francophones et 1,6 % des allophones ont reçu des soins dans leur langue maternelle.

« Ces résultats stupéfiants sont des arguments convaincants pour offrir aux minorités linguistiques des soins hospitaliers dans leur langue maternelle », explique le DPeter Tanuseputro, professeur adjoint au Département de médecine de la Faculté de médecine, et médecin et scientifique à L’Hôpital d’Ottawa, à l’Institut de recherche Bruyère et à l’Université d’Ottawa. « Il est clairement plus facile de transmettre des informations importantes sur la santé dans sa langue maternelle. Quoi qu’il en soit, le fait que le risque de préjudices graves, y compris le décès, soit plus que doublé pour les patients recevant des soins dans une autre langue est révélateur. »

Un peu plus de la moitié (58 %) des médecins ne parlaient que l’anglais et les autres (42 %) étaient multilingues. Près de la moitié des francophones (44 %) ont reçu des soins principalement de médecins francophones, tandis que seulement 1,6 % des allophones ont reçu la plupart de leurs soins de médecins parlant leur langue maternelle.

Les auteurs estiment qu’une communication claire et efficace entre le patient et le médecin peut également améliorer la coopération et l’engagement du patient, ce qui est associé à de meilleurs résultats en matière de santé.

« Nous devons faire davantage pour nous assurer que les patients sont entendus et compris, que ce soit en les dirigeant vers des médecins qui parlent leur langue ou en recourant à des services d’interprétation », explique l’auteure principale, Emily Seale, étudiante en médecine à l’Université d’Ottawa et à l’Institut du savoir Montfort à Ottawa. « Notre étude montre non seulement que ce sont de bons soins centrés sur le patient, mais aussi qu’ils sont essentiels pour prévenir de graves conséquences pour la santé. »

L’article intitulé « Patient–physician language concordance and quality and safety outcomes among frail home care recipients admitted to hospital in Ontario, Canada » est publié le 11 juillet 2022 dans le Journal de l’Association médicale canadienne (JAMC).

Ressources médias :

Université d’Ottawa : [email protected]