Recherche en santé : définir la notion de « communautés noires » pour répondre aux besoins des personnes concernées

Média
Salle de presse

De Paul Logothetis

Media Relations Agent, University of Ottawa

Jeune noir souriant dans une rue de la ville
Dans la recherche en santé au Canada, il est primordial d’utiliser un vocabulaire précis et cohérent pour définir les communautés noires, afin de mieux répondre à leurs besoins. C’est ce qu’affirme un professeur de l’Université d’Ottawa dans un article publié dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ).

Dans « Who is Black? The urgency of accurately defining the Black population when conducting health research in Canada », Jude Mary Cénat, professeur agrégé à l’École de psychologie, déclare que la terminologie en usage dans la recherche portant sur les populations noires varie à tel point que les résultats d’études sont parfois très éloignés de leur réalité.

« Il est crucial d’utiliser des données précises, fiables et dénuées de toute ambiguïté dans la recherche qui soutient l’élaboration de politiques de santé publique et de formation du personnel soignant ainsi que l’établissement de pratiques antiracistes et culturellement appropriées », écrit le professeur, qui dirige également le Centre interdisciplinaire pour la santé des Noir.e.s et le laboratoire V-TraC de l’Université d’Ottawa.

« En l’absence de terminologie commune dans le domaine relativement nouveau de la recherche sur la santé des populations noires, on risque de voir les inégalités se perpétuer », prévient-il.

Le professeur Jude Mary Cénat
Recherche + santé

« En l’absence de terminologie commune dans le domaine relativement nouveau de la recherche sur la santé des populations noires, on risque de voir les inégalités se perpétuer. »

Le professeur Jude Mary Cénat

— Professeur agrégé à l’École de psychologie, Faculté des Sciences sociales

En effet, l’emploi des termes « Afro-Canadien », « Caribéen » et « Africain », ainsi que leurs déclinaisons au féminin, limite la comparaison des différentes études. Ce manque de cohérence a aussi pour effet d’inclure dans les populations étudiées des personnes qui ne se définissent pas comme noires, par exemple celles originaires des pays d’Afrique du Nord comme la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, ou des Caraïbes (Cuba, République dominicaine, Porto Rico), où on s’identifie d’abord à la culture latino-américaine.

« Ainsi, dans la recherche en santé, la réponse à la question “Qui sont les personnes noires?” est très nuancée : il s’agit des personnes s’identifiant elles-mêmes comme noires, de différentes origines (africaine, caribéenne, sud-américaine ou canadienne, entre autres) », conclut le professeur Cénat. Il propose d’utiliser le terme générique « personnes, populations ou communautés noires », en demandant aux participantes et participants des précisions sur d’autres aspects de leur identité, comme le pays d’origine de leur famille, leur sous-groupe d’appartenance ou leur degré d’ascendance.

En adoptant une terminologie cohérente, la communauté de recherche pourra véritablement influencer les politiques publiques, les programmes, les stratégies et les plans d’action en matière de santé des communautés noires du Canada.

Personne-ressource pour les médias :
Paul Logothetis
Agent de relations médias, Université d’Ottawa
Cell : 613.863.7221 

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