Savoir, c’est pouvoir : une équipe de recherche de l’Université d’Ottawa est la première à utiliser les eaux usées pour suivre le virus de l’influenza

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Un chercheur de l'Université d'Ottawa analyse des échantillons d'eaux usées
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Comme le disait si bien le philosophe Francis Bacon : savoir, c’est pouvoir. Inspirée par ces mots, une équipe de recherche locale a entrepris de se servir des eaux usées pour suivre l’influenza, une infection virale communément appelée « grippe ».

Ces nouvelles données aideront la communauté et les autorités de santé publique à prendre des décisions éclairées

Élisabeth Mercier et Patrick D’Aoust, qui sont responsables du développement de la recherche à la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa, de concert avec Robert Delatolla, professeur agrégé à cette même faculté, et Tyson Graber, biologiste cellulaire au CHEO, souhaitent aider la population en l’avertissant lorsque les cas d’influenza deviennent prévalents dans la communauté.

La grippe est une infection respiratoire dont les symptômes s’apparentent à ceux du SRAS-CoV-2. Lorsqu’elle est contractée par des personnes ayant des problèmes de santé préexistants ou par de jeunes enfants, la grippe peut entraîner des complications et une hospitalisation.

L’équipe et le Dr Alex MacKenzie, scientifique principal à l’Institut de recherche du CHEO, ont été les premiers à surveiller les eaux usées de la ville dans le but de suivre la prévalence de la COVID-19 et à collaborer avec les autorités de santé publique afin de les aider à prendre des décisions éclairées en ce qui concerne le port du masque dans les lieux publics et la planification des cliniques de vaccination. Désormais très répandu dans le monde, cet outil constitue une méthode éprouvée pour mesurer et prévoir les taux d’infection par la COVID-19 dans les collectivités.

« Nous ne disposons pas d’un test de dépistage de la grippe à aussi grande échelle que pour la COVID-19, et cela met en évidence l’utilité des eaux usées en l’absence de tests cliniques, de dire Patrick D’Aoust, agent technique en génie de l’environnement. Nous sommes très fiers d’être la première équipe de recherche à suivre ainsi l’influenza en vue d’aider directement notre communauté. »

Tout comme l’indice UV ou l’indice de pollen, les indicateurs de l’influenza peuvent se révéler fort utiles. Cette recherche aura un impact direct sur les personnes ayant des problèmes de santé préexistants ou immunodéficientes qui doivent prendre des mesures supplémentaires pour se protéger pendant la saison grippale. L’équipe suit la grippe A (H1N1 et H3N2) qui englobe les souches les plus répandues engendrant les symptômes les plus graves. Elle a découvert que des taux élevés du virus de l’influenza peuvent être détectés 17 jours avant qu’un diagnostic positif soit confirmé, ce qui permet d’alerter la collectivité lorsque les chiffres commencent à grimper.

Élisabeth Mercier, responsable du développement de la recherche, Faculté de génie
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« En ayant cette information à votre disposition, vous pouvez prendre les décisions qui vous conviennent le mieux, en fonction de votre état de santé »

Élisabeth Mercier, responsable du développement de la recherche, Faculté de génie

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L’équipe de recherche, dont les travaux sont évalués par des pairs, a démarré sa propre entreprise en technologies de la santé du nom d’Advanced Environmental Molecular Analytics Ltd. (AEMA), en vue de mettre au point des méthodes de pointe de surveillance des eaux usées pour les laboratoires privés et publics, afin qu’ils puissent assurer la sécurité de leur population. Il s’agit de la première organisation au Canada à utiliser les données d’identification de la grippe dans les collectivités canadiennes et de la première au monde à se servir des eaux usées pour surveiller les taux de prévalence de la grippe. L’équipe travaille également à ajouter ces nouveaux relevés d’eaux usées à la base de données 613 COVID-19 en Ontario.

Équipe de recherche sur la grippe dans les eaux usées - uOttawa
Robert Delatolla, Élisabeth Mercier et Patrick D’Aoust de la Faculté de génie de l’Université d’Ottawa et du Advanced Environmental Molecular Analytics Ltd. (AEMA), leur entreprise en technologies de la santé

« La personnalisation des données est de plus en plus présente. On ne peut imposer des directives de santé publique pour tout, mais en ayant cette information à votre disposition, vous pouvez prendre les décisions qui vous conviennent le mieux, en fonction de votre état de santé », de conclure Élisabeth Mercier. 

L’équipe cherche maintenant à suivre les niveaux du virus de la variole du singe dans notre communauté.

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